Cote d'ivoire année du serpent 2013

Cote d'ivoire année du serpent 2013

Cote d’ivoire année du serpent 2013

Les ressortissants chinois installés en Côte d’Ivoire seraient environ 2 500. Cette estimation, recoupée auprès des
officiels ivoiriens et chinois et ne tenant pas compte des migrants temporaires et expatriés – fonctionnaires, ouvriers, techniciens et ingénieurs employés dans les sociétés de BTP
– pourrait donc être revue à la hausse en incluant ces
derniers
. Quoiqu’il en soit, le nombre de Chinois en Côte d’Ivoire est plus élevé qu’au Mali
et au Sénégal, mais inférieur à la Guinée ou au Cameroun3
. Si les estimations diffèrent, les représentations, elles, sont à peu de choses près identiques dans ces Etats de l’Afrique de l’Ouest. Plus qualitative que quantitative, l’analyse de l’implantation chinoise en Afrique de
l’Ouest apparaît paradoxale : si chaque territoire présente ses spécificités économiques, sociales et historiques, une relative homogénéité peut toutefois se dégager, alors même que l’hétérogénéité des migrants, de leurs activités et donc de leurs implantations, fournit des éléments de comparaisons contredisant cette apparente cohésion. De fait, la Côte d’Ivoire et sa capitale économique Abidjan, représente à la fois les multiples activités chinoises exercées en Afrique de l’Ouest mais reste un cas unique dans cette zone géographique étudiée.
Les « politiques » migratoires mises en place localement, plus subies que préparées ou organisées, sont également le reflet des relations bilatérales avec la République populaire de Chine. Plus ou moins ancienne, dense, riche et multisectorielle, cette coopération joue un rôle substantiel dans l’installation des migrants chinois. Les territoires « sinisés », où l’on peut parfois parler de petits chinatown et chinamarkets, sont donc à la fois des représentations matérielles, offrant certaines opportunités géographiques et économiques, et, une volonté
individuelle et collective d’organiser ce territoire, propice au développement des activités.
Dans tous les cas de figure, l’implantation des migrants chinois provoque un aménagement, une réorganisation – réelle ou subjective – du territoire. Malgré leur faible nombre, la présence chinoise soumet l’observateur et l’habitant à de nouvelles manières de voir, d’apprécier et de vivre ces capitales ouest-africaines. Pour des raisons pratiques, nous ne retiendrons ici que le cas d’Abidjan. Des éléments de comparaisons (avec les cas maliens et sénégalais) seront néanmoins intégrés. D’autre part, inclure la Mauritanie et le Burkina Faso serait peu pertinent. La République islamique de Mauritanie, car le nombre de ressortissants chinois y est extrêmement faible (500 au maximum, sans les salariés des sociétés). Le Burkina Faso quant à lui, partenaire de Taïwan, n’accueille que très peu de Chinois dits continentaux.
.
En revanche, le Sénégal (environ 1 500 Chinois), le Mali (entre 1 500 et 2 000) et la Côte d’Ivoire, Etats francophones et frontaliers6 , permettent certains parallèles intéressants.
Si des ressortissants chinois exercent leurs activités dans plusieurs villes de l’intérieur de la Côte d’Ivoire (Gagnoa, Daloa ou San Pedro par exemple), Abidjan est naturellement l’agglomération où les « communautés » étrangères sont les mieux implantées. Peu orientées vers les relations interétatiques, déjà largement abordées (Aurégan, 2007 et 2008), cette description analytique tente plutôt de mieux comprendre la pluralité des acteurs et de leurs présences. Majoritairement installés à partir des années 2000, les huá qiáo (华侨) se sont progressivement fixés sur trois territoires distincts, où les activités diffèrent. Ces dernières sont étroitement liées aux fonctions originelles des quartiers (ou communes) et aux catégories sociales qui y vivent. Il s’agit de Marcory (Zone IV), de Cocody (II Plateaux), et d’Adjamé.

Adjamé, le carrefour commercial incontournable

La commune d’Adjamé est progressivement devenue le « quartier riz chinois » puis le « quartier rouge »

. Situé au Nord du Plateau, Adjamé est un quartier populaire, multiethnique, voire « populeux » (Haeringer, 1969 : 234), où l’habitat de type cour commune représente près de 70 % des logements. Sa gare routière – la plus importante du pays – transporte quotidiennement des milliers de voyageurs en Côte d’Ivoire et dans la sousrégion. Par ailleurs, l’insécurité et l’insalubrité font régulièrement la une des journaux abidjanais. Adjamé est malgré tout l’espace choisi par plusieurs dizaines de Chinois qui y ont installé leurs échoppes. Les marchandises débarquées du port autonome d’Abidjan et importées de Yiwu ou du Guangdong sont exposées derrière les comptoirs ou à même le sol. Environ 20 % des commerces sont en 2011 gérées par ces ressortissants chinois, ayant acheté ou louant ces petites surfaces aux anciens propriétaires et reconvertis : les commerçants historiques d’Adjamé, les Ivoiriens ou allochtones et migrants d’origine syrolibanaise.
(source https://geopolitique.hypotheses.org/files/2012/02/article-corrig%C3%A9-X.A.1.pdf)

patrice

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