Luna Park le peau rouge Osca

Luna Park le peau rouge Osca

Luna Park le peau rouge Osca

Le Peau-rouge Osca au parc de loisir Luna Park de Paris
Osca dans sa fosse faisant choix du serpent qu'il va dévorer, au-dessus de lui les amulettes porte-bonheur en peau et en os de serpent.

Historique
À l'emplacement du Palais des Congrès actuel se trouva pendant près d'un demi-siècle, le plus grand parc de loisirs de Paris, le « Luna Park » qui a animé les loisirs de plusieurs générations de Parisiens.
Le théâtre géant Columbia

Le programme du Géant Columbia
Avant cela, pour l'ouverture de l'Exposition universelle de 1900, une salle de 6 000 places, nommée « le Columbia », fut construite pour abriter un spectacle de 1 500 personnages dont 600 danseuses et toute une ménagerie de serpents, éléphants, chameaux et chevaux. « Entre la rampe et les premières rangées de spectateurs s'étend un lac où naviguent des escadres ».

Le burlesque avait grande place dans ces représentations, le numéro « La maison qui brûle » y tient l'affiche en tant que « spectacle démontré par les corps de pompiers de la Cité de New York ; corps de sauvetage, corps des échelles et crochets, police, armée du salut, sœurs de charité, ouvriers visiteurs et troupe d'artistes d'un théâtre ; avec un grand nombre de pompiers, vendeuses de fleurs, gens de New-York, officiers de police, Chinois et nègres burlesques ».
Le Printania-music-garden
Détruit quatre années plus tard, le Columbia fait place au Printania-music-garden, inauguré le 10 juin 1904. De 1905 à 1908, le « Printania » regroupait aux côtés d'une salle de danse des attractions foraines. Construit par l'architecte Jandelle2, le public y voyait défiler jusqu'à vingt-cinq numéros de cirque par représentation, et se divertissait dans les jardins environnants qui comportaient des bars, un toboggan géant avec ascenseur et un restaurant avec terrasse-promenoir donnant sur l'avenue de la Grande-Armée. Dans la salle de concert des chanteurs de second plan se succédaient. À la suite de mauvaises affaires, l'établissement fut vendu à une société américaine puis fut géré par Léon Volterra.
Création du Luna Park
Le Printania sera remplacé par le Luna Park. Construit en 1909, il est le troisième parc d'attractions de l'histoire de France, après le Tivoli et Magic City. Il devint l'équivalent, pour Paris, du Prater pour Vienne ou des jardins de Tivoli pour Copenhague. À Paris et particulièrement dans le 17e arrondissement, il ressuscitait la vogue, depuis longtemps déjà oubliée, des « Tivolis », qui faisaient florès sous l'Empire et la Restauration. Dans le quartier des Ternes l'un des premiers abritait les montagnes russes de la Barrière du Roule (situées sur l'actuelle place des Ternes) et l'un des tout derniers occupa ce qui est aujourd'hui la villa des Ternes.

Son emplacement précis et ses dimensions sont visibles sur une photographie aérienne de 19193. Il sera encore agrandi après suppression des fortifications.

50 ans de festivités

Au Luna Park abondaient les attractions à grand spectacle, permises par les progrès de la construction métallique. Il était conçu sur le modèle new-yorkais du parc de Coney Island. C'était une indescriptible fête foraine permanente, attirant des foules considérables4 avec des attractions de choix notamment son « Scenic Railway », ses montagnes russes, sa « Water-Chute », ou son « Palais des folies », c'est-à-dire son dancing. Les montagnes russes longues de 1 947 m5, réservées aux amateurs de sensations fortes, permettent d'atteindre de vertigineuses vitesses, grâce à l'électricité. Les voitures sont équipées de moteurs électriques et alimentées en courant par un rail central, notamment aux passages où la vitesse acquise n'est plus suffisante par rapport à celle souhaitée.

Charles Sorlier6 a décrit avec malice deux divertissements qui avaient la particularité d'attirer les adolescents boutonneux et les amateurs de lingerie féminine. Le premier consistait à viser une cible avec une boule de bois qui, si elle parvenait à son but, faisait basculer d'un lit une fille en porte-jarretelles. Le second, aussi goûté, était le vaisseau spatial de l'attraction « Voyage dans la lune »7, sorte de « maison du rire » qui se terminait invariablement par un jet d'air comprimé relevant la jupe de demoiselles audacieuses. Cette attraction, mise en place lors de l'exposition pan-américaine, a inspiré le nom de Luna Park, des parcs Magic City et de ceux qui ont suivi8

Charles Sorlier prétend que des filles légères venaient tout spécialement sur cette attraction, « oubliant » chez elles leurs culottes, et proposant ensuite aux amateurs un autre genre de voyage...

Le Luna Park était ouvert de 13 heures à minuit et son accès coûtait à l'époque 1 franc (avec une attraction gratuite), à l'exception du vendredi où le prix était plus élevé.

Fin du Luna Park
Il est rapporté qu'au début la clientèle était plutôt « habillée » : on n'aurait pas osé s'y présenter sans un complet strict, un col et une cravate. Beaucoup plus tard, sans doute parce que les Allemands, sous l'Occupation, en avaient fait l'un de leurs lieux de divertissement préférés, et que l'on y pratiquait sans vergogne la
« fraternisation », le Luna Park acquit une réputation douteuse.

En 1929-1930, Léonard Rosenthal désire y établir une Place de la Victoire et tente dans ce but d'acquérir la concession des terrains où se dresse Luna Park9. La baisse de popularité, due en partie à la Grande Dépression, incite le propriétaire du parc à acheter en 1931 vingt-cinq baleines embaumées et cent manchots vivants pour les montrer au public. Ces ajouts ne réussissent pas à redresser la barre. La date de fermeture est sujette à caution et diffère selon les sources. Elle varie de 1931 à 1933, voire « lors de la Seconde Guerre mondiale ».

Le parc de loisirs a probablement fermé ses portes en premier, suivi quelque temps plus tard par la salle. Léon Blum tient d'ailleurs un discours dans cette même salle le 6 septembre 193615,16. La confusion entre les dates provient vraisemblablement de cessation d'activité à date différée.

Détruit en 1942 ou en 1948, le « Luna Park » céda la place à un terrain vague sur lequel, après de nombreux projets, fut finalement édifié le Palais des Congrès inauguré en 1974.

patrice

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