République populaire du Congo la mortalité liée aux morsures de serpent.

République populaire du Congo la mortalité liée aux morsures de serpent.

République populaire du Congo la mortalité liée aux morsures de serpent.

LES MORSURES DE SERPENT AU CONGO

Résumé - La morbidité relative aux morsures de serpents a été étudiée dans deux régions
de la République Populaire du Congo où l’on dénombre actuellement 82 espèces différentes de
serpents dont 20 venimeuses.
Deux types d’enquêtes ont été réalisés:
- des enquêtes prospectives soit par interrogatoire et examen de sujets récemment mordus (40
cas), soit par interrogatoire sur les antécédents personnels et familiaux de la population de
différents villages.
- des enquêtes rétrospectives portant sur une période de 21 mois à partir de registres consultés
dans plusieurs centres sanitaires.
La morbidité a pu être évaluée à 430 pour 100.000 habitants en zone rurale de la région du
Mayombe (région forestière), à 125 pour 100.000 habitants en zone rurale de la région du Pool
(région de savane arbustive et de forêts dégradées) et à environ 20 pour 100.000 habitants dans
l’agglomération de Brazzaville.
La mortalité semble être réduite dans la région de Brazzaville-et plus élevée dans le Mayombe.
Brazzaville, capitale du Congo, située en bordure du fleuve, se caractérise
par une variété importante de sites avec une végétation encore abondante
dans certains quartiers malgré une explosion démographique considérable
(plus de 500.000 habitants en 1984).
La région du Pool. A l’Ouest et au Sud-Ouest de Brazzaville, on rencontre
une zone fortement vallonnée où une savane arbustive remplace progressivement la forêt claire originelle, ceci en rapport avec le commerce du bois et
les activités agricoles. Au Nord et au Nord-Est, la région est moins accidentée et moins peuplée. II s’agit d’une zone de savane, le plus souvent herbacée, entrecoupée de forêts galeries le long des cours d’eau. La région du Pool
est limitée au Sud et à l’Est par le fleuve Congo. Le Mayombe est une région montagneuse très accidentée mais de faible altitude, couverte de forêt dense encore peu arthropisée. II n’existe pas de grandes différences climatiques selon ces régions. II s’agit d’un climat de type bas-congolais: en moyenne 1.200 à 1.700” de
pluie (1.700 mm dans le Mayombe), 4 mois de saison sèche et une amplitude thermique annuelle de 4 à 6OC.
3.1. A Brazzaville (population estimée en. 1984 : 500.000)
Le recueil des cas enregistrés dans les principales formations sanitaires est un procédé plus enclin à la sous-estimation que celui qui consiste à interroger l’ensemble de la population. Cependant, on peut concevoir que
les sujets mordus consultent plus facilement à Brazzaville, compte tenu des plus grandes facilités qui leurs sont offertes par rapport aux régions rurales. En 21 mois, 11 9 cas ont été recensés. Parmi ceux-ci, 18 correspondent
à des morsures survenues en milieu rural. La moyenne annuelle pour l’agglomération de Brazzaville serait donc de 57,7, ce qui correspond à une incidence annuelle, compte tenu de la population de Brazzaville, de 113 pour
100.000 habitants.
En fait, il est probable qu’un grand nombre de morsures, surtout si les symptômes sont bénins, ne sont pas vues à l’hôpital mais traitées dans les dispensaires ou dans le cadre de la médecine traditionnelle. II faut donc
probablement doubler l’estimation précédente pour obtenir l’incidence réelle des morsures de serpent à Brazzaville. Nous l’estimons ainsi à environ 20 pour 100.000 habitants.
Comme aucune notification de décès pendant cette période n’a éte relevée, il est logique de penser que la mortalité est très faible.
3.2. En milieu rural de la région du Pool
L’enquête réalisée dans le village de Loukanga a donné les résultats suivants :
- 7% des sujets interrogés ont déclaré avoir déjà été mordus par un serpent. La fréquence des morsures dans ce village serait de 1 à 2 cas par an. La moitié d’entre eux ne serait vu que par le guérisseur; les autres
par un infirmier ou éventuellement par un médecin mais peu fréquemment
dans une formation sanitaire importante.
- aucun décès n’est survenu dans le village depuis 15 ans. On relève toutefois la notion de 2 cas plus anciens.
Les autres enquêtes, qui n’ont porté que sur une petite fraction de la population mais qui ont couvert une étendue géographique importante, ont donné des résultats assez proches :
- 5% des sujets interrogés ont été mordus et 7% déclarent avoir eu un proche parent victime d’une morsure de serpent.
- la mortalité serait faible, cependant 2 personnes âgees de plus de 50 ans ont déclaré avoir vu 2 sujets mourir à la suite d’un tel accident.
Comme la moyenne d’âge des sujets interrogés est de 48 ans, il est permis de proposer un chiffre de morbidité annuelle: 6% divisé par 48 =
0,125 Yo par an, soit 125 pour 100.000 habitants.
En milieu rural dans la région du Mayombe
L’enquête effectuée dans les villages de Makaba-Kouilila.
Pour une population de 112 sujets adultes, on retrouve: M’vouti, objective une plus grande incidence.
- 20% de sujets ayant des antécédents de morsures,
- la notion de 3 décès survenus dans le village et ceci pour une période
de 30 ans environ.
Si l’on applique le même raisonnement que celui utilisé pour les enquêtes réalisées dans la région du Pool, on obtient un taux de morbidité de 430 pour 100.000 habitants.
‘L’indice de mortalité n’est pas négligeable puisqu’il a été observé en moyenne un décès tous les dix ans pour une population totale résidant dans ces villages d’environ 350 habitants.
(source https://core.ac.uk/download/pdf/39870633.pdf)

patrice

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